Test de Blur
Mario Kart n’en finit pas d’inspirer les acteurs du petit monde vidéoludique : après le Sonic&Sega All-Stars Racing de SEGA, et le ModNation Racers de Sony, c’est Activision qui entre dans la danse avec le dernier titre de Bizarre Creations. L’influence du plombier moustachu est toutefois ici un peu moins évidente, Blur délaissant les décors cartoons et les personnages farfelus pour un univers plus terre à terre, digne de Need For Speed, Burnout ou du récent Split/Second.
Un peu à la manière de Full Auto 2 sorti il y a déjà plus de trois ans, Blur vous propose en effet d’affronter des adversaires sur des tracés urbains et d’utiliser différents power-ups, appelés ici bonus, pour ralentir ou éliminer les concurrents trop dangereux. Vous devrez donc faire attention à votre pilotage, mais aussi prendre garde aux attaques qui vous sont lancées et gérer vos armes de manière intelligente.
Un arsenal bien pensé
Car contrairement à Mario Kart, vous pourrez ici ramasser jusqu’à trois power-ups différents, et passer de l’un à l’autre pour utiliser le plus pertinent au meilleur moment. Les bonus disponibles ne sont pas légion, mais on retrouve les grands classiques du genre ainsi que quelques idées originales :
Les orbes sont des missiles non téléguidés qui ne toucheront donc leur cible que lorsqu’elle sera parfaitement alignée au centre de l’écran. De base, trois tirs sont permis avec un seul power-up, et il est possible de tirer vers l’arrière.
Les surcharges font office de missile à tête chercheuse : une fois la cible verrouillée, une énorme boule de feu se dirigera vers elle à vitesse mesurée. Là encore, vous pouvez toucher un concurrent situé derrière vous.
Les mines vous permettent de piéger la piste avec une boule explosive, particulièrement utile lorsque vous êtes suivi de près. Il est aussi possible de lancer la mine vers l’avant, un peu à la manière d’une grenade adhésive.
Les éclairs déclenchent des orages magnétiques en tête de la course, tout concurrent traversant une zone affectée étant ralenti de manière significative.
Les impacts vous permettent de générer une onde de choc qui écarte tous les adversaires proches de vous.
La nitro vous permet classiquement d’accélérer, mais aussi de freiner brutalement si vous l’utilisez vers l’arrière.
Le bouclier sert à se protéger de toutes les attaques durant quelques secondes.
La réparation remet votre véhicule à neuf, une procédure bien pratique lorsque les attaques ennemies vous ont amené proche de l’explosion.
Outre les utilisations directes de ces bonus, sachez qu’il est possible d’en utiliser certains pour contrer des attaques adverses. Par exemple si une surcharge ennemie apparaît dans votre rétroviseur, vous pouvez toujours lui envoyer l’une des vôtres ou bien lâcher une mine pour éviter d’être touché. Etant donné qu’il est aussi possible d’éviter une telle attaque en faisant une embardée au dernier moment, c’est encore un petit choix tactique qu’il vous incombera d’effectuer en un laps de temps relativement restreint.
A propos du pilotage justement, il est sans doute bon de préciser que Blur se révèle un peu plus exigeant que la plupart des jeux de type Mario Kart : on est bien entendu en présence d’une conduite arcade, mais certains virages vous demanderont tout de même de lever le pied, les dérapages au frein à main ne permettant pas toutes les folies.
Un déroulement classique en solo
Côté contenu, l’offre peut paraître relativement spartiate de prime abord, avec deux options seulement proposées par le menu principal du jeu : Un joueur et Multijoueurs.
Sans surprise, le corps du mode solo consiste en une Carrière durant laquelle vous débloquez peu à peu différentes séries d’épreuves, chacune d’entre elles se terminant par un duel contre un rival. Mais avant d’en arriver là, il vous faudra atteindre les objectifs imposés par votre adversaire, et ce en prenant part aux autres épreuves de la série. Celles-ci sont de trois types : les courses classiques vous opposant à vingt adversaires et au cours desquelles il faut boucler un nombre donné de tours du circuit, les épreuves de destruction qui vous demandent de détruire un maximum de voitures avec le bonus « orbes » en un temps donné, et les courses de vitesse qui imposent de passer le plus vite possible par des checkpoints. Selon vos performances, vous obtiendrez un certain nombre de « feux », leur accumulation venant gonfler votre expérience et vous faisant ainsi monter de rang.
Durant chaque épreuve, deux feux bonus peuvent être obtenus : le premier en abusant des manœuvres d’attaque et des drifts pour accumuler un nombre minimum de fans, et le second en déclenchant le « slalom de fans » qui vous demandera de passer par des portes affichées à l’écran le plus vite possible. A noter que des défis facultatifs appelés « exigences de fan » peuvent être déclenchés durant les courses à partir d’un certain moment de la carrière, leur principe allant de « toucher un adversaire avec un orbe tout en driftant » à « dépasser un adversaire avec un bonus nitro ». Autant dire que pour obtenir tous les feux d’une course, il y a de fortes chances pour que vous deviez la recommencer plusieurs fois d’affilée.
Evidemment, vos hauts faits sont récompensés comme il se doit : l’accumulation des feux ouvre peu à peu les portes des différentes séries, tandis que le gain de rangs débloque de nouvelles voitures. Ces dernières sont classées en quatre catégories (de D à A), et on y retrouve aussi bien des Renault Megane que des Audi TT, des Corvette, des Golf ou des Aston Martin. A noter que chaque rival battu vous cèdera sa voiture (une version modifiée d’un des véhicules de base), ainsi qu’une modification améliorant un bonus particulier. Ainsi, le rival de la première série vous permettra d’avoir quatre tirs avec le bonus « orbes » au lieu de trois.
Le roi du multijoueurs
Aussi sympathique soit le mode solo de Blur et malgré une intelligence artificielle qui saura vous donner du fil à retordre même en difficulté Normale (vous pouvez aussi choisir Facile ou Difficile), on finit par trouver le temps long lorsque l’on se contente d’enchaîner les épreuves. Il faut dire que si l’action sur la piste est convaincante, le rythme des courses est un peu lent et l’ensemble peut sembler répétitif après trois ou quatre heures en continu.
Lorsque ce sentiment pointe le bout de son nez, il est temps de jeter un œil à la partie multijoueurs du titre. Etonnamment, les développeurs de Bizarre Creations ont eu l’excellente idée d’inclure un mode écran splitté pour quatre joueurs, ce qui vous permettra d’organiser des soirées délirantes entre amis, comme vous le feriez avec Mario Kart. La mayonnaise prend vite, même si la visibilité est forcément moins bonne qu’en solo.
Bien entendu il est aussi possible de jouer à plusieurs en réseau local ou bien via le PSN. Dans le second cas, vous découvrirez un nouveau système de gain d’expérience totalement indépendant de celui du mode solo: chaque course disputée vous rapporte des points en fonction de votre position, et vous gagnez ainsi des rangs au fil des compétitions. La bonne idée vient du fait que certains évènements sont réservés à certains rangs, si bien qu’il est toujours possible de trouver des adversaires à sa mesure. Plus amusant, atteindre le rang 50 vous permettra d’obtenir l’une des dix voitures bonus du jeu, à condition d’accepter de redescendre au rang 0 !
Du côté des types d’épreuves, les courses classiques sont complétées par un mode Annihilation se déroulant dans une arène et dont le but est de détruire ses adversaires, un mode Expert sans armes, et des options de jeu par équipe. Manette en main les parties sont fluides et ne souffrent que rarement de lag, même lorsque 20 concurrents s’affrontent simultanément. Il convient toutefois de préciser dans ce dernier cas que le pilotage devient vite secondaire et qu’il faut surtout se préoccuper de survivre face au déluge d’attaques des adversaires. Heureusement, des améliorations sont là aussi de la partie, qui vous permettront de résister un peu mieux ou d’être plus efficace contre vos concurrents.
Une réalisation correcte, sans plus
Côté technique, Blur souffle le chaud et le tiède : on a d’un côté droit à des voitures joliment modélisées, à des effets spéciaux convaincants (traînées fluorescentes, explosions…) et à une animation parfaitement fluide, mais les décors manquent quant à eux de détails, et certaines textures se révèlent un peu grossières. Ces petits soucis sont particulièrement visibles lorsque l’on utilise le mode Photo, accessible à tout moment pendant une course, et qui permet de prendre un cliché de l’action sous n’importe quel angle.
La bande son n’est pas beaucoup plus impressionnante, avec une voix-off qui s’avère bien utile durant les deux premières heures de jeu, mais qui se fait relativement discrète par la suite en dehors de la présentation de nouveaux rivaux. Les effets sonores sont de leur côté sans surprise tout en restant corrects, et les musiques pourtant rythmées ne marqueront vraisemblablement pas les esprits.
Terminons avec un mot sur les temps de chargement, présents avant chaque course et durant au bas mot une bonne dizaine de secondes. L’occasion de passer en revue les objectifs de course et de lire quelques conseils affichés en bas de l’écran, mais on aurait aimé que l’attente soit un peu moins longue.
Graphismes
7 / 10
Les voitures sont correctement modélisées, les effets spéciaux bien rendus, et l'animation toujours très fluide. Les décors sont en revanche assez statiques et dépouillés, et les textures pas particulièrement détaillées.
Jouabilité
8 / 10
Facile à prendre en main, Blur offre des courses dans lesquelles la gestion des bonus apporte une sympathique petite dimension tactique. L'IA s'avère efficace dans l'ensemble mais c'est à plusieurs que vous profiterez le plus du jeu.
Son
7 / 10
La voix-off qui sert de guide dans le jeu est de bonne qualité, tandis que les musiques et les effets se révèlent beaucoup plus classiques.
Durée de vie
7 / 10
Vous bouclerez le mode solo en 7 à 8 huit heures, mais obtenir tous les feux pourra se révéler un peu plus long. Vous pourrez ensuite tenter votre chance en multi, à plusieurs sur une console ou via le PSN.
Fun
7 / 10
Très amusant durant les premières heures, Blur finit par lasser en solo en raison du rythme relativement lent des courses. Heureusement les options multijoueurs lui donnent une deuxième jeunesse, même si les courses à 20 sont un peu confuses.
Verdict
7/10
Malgré son habillage sérieux de prime abord, Blur est sans conteste un nouveau clone de Mario Kart dont l'objectif à peine voilé est de séduire les joueurs rebutés par le design, habituellement enfantin, des productions du genre. Certes le look de la dernière production de Bizarre Creations est proche de Need For Speed ou Burnout, et ses voitures proviennent de concessionnaires des quatre coins du monde, mais son gameplay mélangeant pilotage et utilisation d'armes diverses apporte à la fois le grain de folie et la petite dimension tactique de la série phare de Nintendo. On pourra sans doute lui reprocher une réalisation inégale et un intérêt limité en solo, un écueil commun à pratiquement tous les jeux du genre, mais les fans de multi peuvent compter sur Blur pour les occuper durant de longues soirées.